{"id":4480,"date":"2011-06-30T04:13:59","date_gmt":"2011-06-30T08:13:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.surfzen.com\/cscp\/2011\/06\/30\/paul-redding-continental-idealism-2.html"},"modified":"2011-06-30T04:13:59","modified_gmt":"2011-06-30T08:13:59","slug":"paul-redding-continental-idealism-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/c-scp.org\/fr\/2011\/06\/30\/paul-redding-continental-idealism-2","title":{"rendered":"Paul Redding, Continental Idealism"},"content":{"rendered":"<div style=\"width: 319px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"book \" src=\"http:\/\/ecx.images-amazon.com\/images\/I\/31kLOZdMqtL._SL500_.jpg\" alt=\"\" width=\"309\" height=\"500\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Cliquer pour consulter Amazon.ca<\/p><\/div>\n<p><strong>Paul Redding. <\/strong><strong><em>Continental Idealism\u00a0: Leibniz to Nietzsche<\/em><\/strong><strong>. New York\u00a0: Routledge, 2009; 229 pages. <\/strong><strong>ISBN\u00a0: 978-0415443074. <\/strong><\/p>\n<p><em>Compte rendu de Morgan Gaulin, Centre canadien d\u2019\u00e9tudes allemandes et europ\u00e9ennes, Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. <em>Publi\u00e9 dans Symposium 15:2 (2011).<\/em><\/em><\/p>\n<p>Professeur de philosophie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sydney et \u00ab\u00a0Fellow\u00a0\u00bb de l\u2019Acad\u00e9mie australienne des humanit\u00e9s, Paul Redding a publi\u00e9 d\u2019importants ouvrages d\u2019histoire de la philosophie dont <em>Hegel\u2019s Hermeneutics<\/em> en 1996 et <em>The Logic of Affect<\/em> en 1999. Son dernier ouvrage, consacr\u00e9 \u00e0 la philosophie id\u00e9aliste continentale, rev\u00eat \u00e0 notre sens un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable pour les historiens puisqu\u2019il en \u00e9tablit une histoire peu commune. Au lieu de faire d\u00e9buter l\u2019id\u00e9alisme avec Kant comme cela est habituellement le cas, Redding le fait remonter jusqu\u2019\u00e0 Leibniz.<\/p>\n<p><strong> <\/strong>Dans un premier temps, Redding met \u00e0 mal la vision, assez r\u00e9pandue il est vrai, d\u2019une pens\u00e9e kantienne voisine de l\u2019immat\u00e9rialisme de Berkeley, qui postule que la mati\u00e8re n\u2019existe pas. Redding rappelle que Kant lui-m\u00eame se fit le critique de la th\u00e8se de Berkeley sur la mati\u00e8re en s\u2019appuyant sur une lettre du premier \u00e0 Beck dat\u00e9e du 4 d\u00e9cembre 1792 dans laquelle il pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019attache \u00e0 l\u2019id\u00e9alit\u00e9 de la forme de nos repr\u00e9sentations (espace et temps) et non, \u00e0 l\u2019instar de Berkeley, \u00e0 l\u2019id\u00e9alit\u00e9 des objets eux-m\u00eames et de leur existence (1).\u00a0 Au lieu de privil\u00e9gier l\u2019axe Kant-Berkeley, Redding examine l\u2019axe Kant-Leibniz. Pour comprendre l\u2019id\u00e9alisme kantien, nous devons ainsi faire appel \u00e0 un id\u00e9alisme de la forme des objets dont Kant est le l\u00e9gataire, id\u00e9alisme qui se situe en droite ligne avec la distinction platonico-aristot\u00e9licienne entre forme et mati\u00e8re. Cette distinction, r\u00e9activ\u00e9e par Leibniz dans la <em>Monadologie<\/em>, insiste sur l\u2019id\u00e9alit\u00e9 de la forme comme produit de l\u2019espace et du temps. Le second chapitre (20-35) examine donc en d\u00e9tail la <em>Monadologie<\/em> pour ensuite, dans les chapitres 3 \u00e0 6, s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce que Kant en tira. Les chapitres 7 \u00e0 10 traitent \u00e0 leur tour de la mani\u00e8re dont des penseurs tels que Reinhold et Fichte, Schlegel et Schelling, Hegel, Schopenhauer et Nietzsche, ont r\u00e9agi \u00e0 cet id\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Le second geste de Redding consiste \u00e0 pr\u00e9ciser ce qu\u2019il entend par \u00ab\u00a0id\u00e9alisme continental\u00a0\u00bb. Pour lui, l\u2019id\u00e9alisme qui se d\u00e9veloppe chez Kant et qui conna\u00eet son apog\u00e9e avec Hegel se caract\u00e9rise avant tout par une th\u00e8se sur l\u2019objet de la m\u00e9taphysique. Cette th\u00e8se, nomm\u00e9e par Redding \u00ab\u00a0Strong TI\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0id\u00e9alisme transcendantal fort\u00a0\u00bb), s\u2019int\u00e9resse \u00e0 un monde construit par la pens\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0<em>the development of idealism in the post-Kantian period was to develop the program of strong TI, the investigation of a world that was not \u2018there anyway,\u2019 but which had been constructed by the human mind throughout its own developmental history<\/em> \u00bb (2). Entrepris par Leibniz, ce d\u00e9veloppement repose d\u2019abord sur la monade qui est sans extension et qui poss\u00e8de sa propre app\u00e9tition. Il s\u2019agit d\u2019une forme de spiritualisme qui est proche de ce que l\u2019on retrouve chez Kant et les postkantiens. \u00c0 ce titre, il est int\u00e9ressant de noter que Redding se range du c\u00f4t\u00e9 de Justin Smith et Erik Halld\u00f3r. Dans un article paru en 2004, ces auteurs d\u00e9fendent l\u2019id\u00e9e d\u2019un Leibniz platonico-chr\u00e9tien pour lequel il n\u2019y a pas de mati\u00e8re sans forme (voir \u00ab\u00a0Christian Platonism and the Metaphysics of Body in Leibniz\u00a0\u00bb, <em>British Journal for the History of Philosophy<\/em> 12, 2004). Cette position invalide alors les deux th\u00e8ses adverses selon lesquelles 1) il n\u2019y a que de l\u2019esprit et 2) il n\u2019y a que de la mati\u00e8re. Entre ces deux th\u00e8ses, Leibniz postule que tout est vivant et poss\u00e8de une \u00e2me (pananimisme). Redding examine en d\u00e9tail le rapport de Kant \u00e0 Leibniz, mais ce qui nous interpelle c\u2019est avant tout la discussion de la <em>Critique de la facult\u00e9 de juger<\/em>, dans laquelle Kant aborde un concept capital\u00a0: l\u2019hypotypose, mani\u00e8re dont la beaut\u00e9 est repr\u00e9sent\u00e9e par la moralit\u00e9. Pour Kant, l\u2019hypotypose est une repr\u00e9sentation symbolique; le philosophe y voit une fa\u00e7on de donner un aspect sensible \u00e0 nos id\u00e9es. L\u2019int\u00e9r\u00eat philosophique pour l\u2019hypotypose repose sur le fait qu\u2019elle pr\u00e9sente un amalgame entre l\u2019esprit et la mati\u00e8re qui fait fit des deux th\u00e8ses que Kant d\u00e9nonce\u00a0: l\u2019immat\u00e9rialisme stricte \u00e0 la Berkeley et l\u2019empirisme radical.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir des r\u00e9flexions de Kant sur la facult\u00e9 de juger que Redding nous enjoint \u00e0 comprendre l\u2019id\u00e9alisme comme une philosophie pour laquelle il n\u2019y a que des repr\u00e9sentations et non pas comme si l\u2019esprit \u00e9tait capable de modeler la mati\u00e8re \u00e0 sa guise. Cet id\u00e9alisme ne postule pas de causalit\u00e9 Esprit-Monde ou Esprit-Mati\u00e8re. La discussion autour de la critique h\u00e9g\u00e9lienne de l\u2019id\u00e9e kantienne de Dieu trouve alors toute sa pertinence (138f.). Selon Hegel, Kant aurait transpos\u00e9 la vieille id\u00e9e chr\u00e9tienne d\u2019un Dieu inconnaissable dans le domaine de la connaissance en formulant l\u2019id\u00e9e correspondante d\u2019une chose-en-soi tout aussi inconnaissable que le Dieu de la th\u00e9ologie chr\u00e9tienne. Il s\u2019agirait, selon Hegel, d\u2019une nouvelle forme de croyance que l\u2019on retrouve non seulement chez Kant mais aussi chez Fichte et Jacobi. Redding exploite bien la d\u00e9marche de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie de l\u2019esprit<\/em> en rappelant, entre autres choses, que Hegel refuse l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une division entre l\u2019esprit connaissant et le monde. Pour Hegel, une telle division est illusoire. Ce qu\u2019il nomme la certitude de soi-m\u00eame (au chapitre 4 de la <em>Ph\u00e9nom\u00e9nologie<\/em>) se pose, tel que Redding le rappelle, comme ce qu\u2019il y a de plus fondamental dans l\u2019ordre du conna\u00eetre (147). \u00a0Chez Hegel, la chose-en-soi est ainsi \u00e9limin\u00e9e au seul profit de la conscience de soi qui se sait toute puissante car elle sait que toute chose ne se comprend qu\u2019\u00e0 partir d\u2019elle. Seulement, cette doctrine de la conscience qui ne con\u00e7oit rien qui ne lui soit s\u00e9par\u00e9 est habit\u00e9e, tel que le note Redding, d\u2019une contradiction. Tout ce qu\u2019elle d\u00e9sire, elle le r\u00e9alise, si bien qu\u2019\u00e0 la fin elle ne fait qu\u2019\u00e9puiser progressivement son d\u00e9sir, se menant ainsi \u00e0 l\u2019extinction. La seule chose qui puisse la garder en vie et satisfaire son d\u00e9sir de mani\u00e8re durable est une autre conscience-de-soi, un <em>alter ego<\/em>. Redding remarque que cette conscience h\u00e9g\u00e9lienne ne se confronte pas \u00e0 une \u00e9nigmatique chose-en-soi qui lui r\u00e9siste mais \u00e0 elle-m\u00eame. C\u2019est ce que Hegel nomme <em>Esprit<\/em>, dans lequel, selon Redding, culmine l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un id\u00e9alisme transcendantal fort.<\/p>\n<p>Les postures de Schopenhauer et de Nietzsche sont ensuite examin\u00e9es et caract\u00e9ris\u00e9es comme des philosophies ambivalentes quant \u00e0 cet id\u00e9alisme fort. Parfois en accord, parfois en d\u00e9saccord avec l\u2019id\u00e9alisme des formes h\u00e9rit\u00e9 de Kant, Schopenhauer et Nietzsche ont, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, critiqu\u00e9 l\u2019id\u00e9alisme. En effet, si Schopenhauer peut sembler se rapprocher de Fichte en ce qu\u2019il postule que la connaissance r\u00e9sulte d\u2019une volont\u00e9 toute puissante, Redding pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019en \u00e9carte de mani\u00e8re significative parce que Fichte pr\u00e9sente son absolu selon des caract\u00e8res impersonnels alors que Schopenhauer le con\u00e7oit au contraire comme une instance arbitraire, psychotique, voire m\u00eame irrationnelle. Redding montre ensuite que sur la question de l\u2019esth\u00e9tique Schopenhauer se rapproche de Kant en ce qu\u2019il pense que l\u2019art et la morale sont li\u00e9s. Le beau nous permet de d\u00e9passer la volont\u00e9 parce que dans notre attirance et notre contemplation de la beaut\u00e9 nous nous d\u00e9tachons de nos pulsions. Ce qui, selon Schopenhauer, permet ce d\u00e9tachement c\u2019est non la mati\u00e8re de l\u2019objet d\u2019art mais sa forme (159). \u00a0Les arts ont donc en ce sens une puissance asc\u00e9tique, nous transportant du monde des affects et de l\u2019arbitraire dans celui des pures formes.<\/p>\n<p>Nietzsche aussi est li\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme des formes de Kant. Redding s\u2019attaque au probl\u00e8me de l\u2019\u00e9ternel retour, qui peut selon lui \u00eatre compris de deux mani\u00e8res distinctes. Il peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une th\u00e8se cosmologique et scientifique ou encore, et c\u2019est le pari de Redding, comme une interpr\u00e9tation id\u00e9aliste du temps (169). Pour d\u00e9fendre sa th\u00e8se, Redding fait appel au travail d\u2019Alexander Nehemas dans son <em>Nietzsche\u00a0: Life as Literature <\/em>(1985) car c\u2019est ce dernier qui a rapproch\u00e9 la vision dionysienne de la nature telle que l\u2019expose Nietzsche dans son <em>Zarathoustra <\/em>aux philosophies de Leibniz et de Kant. En particulier, lorsque Nietzsche fait dire aux animaux qui accompagnent Zarathoustra que <em>le centre est partout<\/em>, il s\u2019agit d\u2019une vieille doctrine d\u2019origine n\u00e9o-platonicienne reprise par Ma\u00eetre Eckhart puis perfectionn\u00e9e par Nicolas de Cues et Leibniz. Ce qui fait dire \u00e0 Redding que Nietzsche devait avoir une bonne connaissance des \u00e9crits du Rh\u00e9nan, ce sur quoi nous \u00e9mettons des doutes m\u00eame s\u2019il est vrai, comme le rapporte Redding, que Nietzsche cite longuement Eckhart au \u00a7\u00a0292 du <em>Gai savoir<\/em>. De cette doctrine d\u2019un centre mobile, Leibniz a tir\u00e9 l\u2019id\u00e9e que toutes choses sont li\u00e9es et le postulat de la circularit\u00e9 du temps. C\u2019est cette circularit\u00e9 que le Surhomme nietzsch\u00e9en se doit d\u2019affronter, et Redding rapproche alors la th\u00e9odic\u00e9e leibnizienne du meilleur des mondes possibles du la volont\u00e9 du Surhomme de revivre \u00e9ternellement sa propre vie comme si elle \u00e9tait la meilleure. Rapprochement discutable mais constructif; seulement, il aurait \u00e9t\u00e9 encore plus profitable pour Redding de relire attentivement ce que Nietzsche dit \u00e0 propos de Leibniz car cela lui aurait permis d\u2019appuyer encore davantage sa comparaison entre Nietzsche et Leibniz. Il est rare, en effet, de voir Nietzsche si \u00e9logieux envers un philosophe allemand.<\/p>\n<p>Une autre qualit\u00e9 ind\u00e9niable de l\u2019ouvrage de Redding, en plus de la pr\u00e9cision avec laquelle il traite du rapport de Kant \u00e0 Leibniz puis de celui de Hegel \u00e0 Kant, est de prendre en compte les d\u00e9veloppements r\u00e9cents de la recherche sur les premiers romantiques (<em>Fr\u00fchromantiker<\/em>), trop souvent laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9 par les historiens de la philosophie. Redding se sert des travaux les plus r\u00e9cents et d\u00e9montre que, loin de n\u2019\u00eatre que des figures litt\u00e9raires, ces romantiques ont fait de r\u00e9elles avanc\u00e9es dans le domaine philosophique. S\u2019inspirant du travail de Beiser (surtout dans <em>The Romantic Imperative <\/em>(2003)), Redding explique que Schlegel refuse le fondationnalisme inh\u00e9rent \u00e0 la philosophie de Fichte (122-25) de m\u00eame que l\u2019intuition intellectuelle, qui ne serait selon lui qu\u2019une r\u00e9manence du mysticisme (123). Schlegel est partisan non d\u2019un sujet absolu comme chez Fichte mais d\u2019un sujet habit\u00e9 d\u2019une contradiction, \u00e0 la fois fini et infini. Redding \u00e9voque \u00e0 ce sujet le concept schl\u00e9g\u00e9lien de <em>Wechselgrundsatz<\/em>, jug\u00e9 crucial par Manfred Frank (dans son <em>The Philosophical Foundations of Early German Romanticism<\/em>, p. 181), et d\u00e9notant un \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb pris entre deux alternatives, dans un va-et-vient entre deux principes premiers.<\/p>\n<p>Ce que l\u2019on nomme donc trop facilement \u00ab\u00a0id\u00e9alisme continental\u00a0\u00bb re\u00e7oit dans l\u2019ouvrage de Redding une d\u00e9finition pr\u00e9cise. Cette d\u00e9finition constitue un d\u00e9veloppement et un enrichissement significatifs de la th\u00e8se formul\u00e9e en 2002 par Frederick Beiser dans son <em>German Idealism\u00a0: the Struggle against Subjectivism<\/em> suivant laquelle la philosophie postkantienne poursuit la lutte amorc\u00e9e par Kant contre le subjectivisme. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un id\u00e9alisme fort fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9alit\u00e9 des formes a ainsi l\u2019avantage de remettre au second plan ce que Redding nomme un id\u00e9alisme faible, qui prend appui sur l\u2019id\u00e9e selon laquelle nous ne pouvons conna\u00eetre que des apparences, les choses-en-soi nous demeurant cach\u00e9es. Cette image d\u2019un Kant sceptique en m\u00e9taphysique, si juste soit-elle, demeure en effet peu utile lorsqu\u2019on tente de comprendre la succession des philosophies postkantiennes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paul Redding. Continental Idealism\u00a0: Leibniz to Nietzsche. New York\u00a0: Routledge, 2009; 229 pages. ISBN\u00a0: 978-0415443074. Compte rendu de Morgan Gaulin, Centre canadien d\u2019\u00e9tudes allemandes et europ\u00e9ennes, Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Publi\u00e9 dans Symposium 15:2 (2011). 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