{"id":4662,"date":"2015-01-27T15:32:05","date_gmt":"2015-01-27T20:32:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.surfzen.com\/cscp\/2015\/01\/27\/christophe-perrin-entendre-la-metaphysique-2.html"},"modified":"2017-11-08T16:08:47","modified_gmt":"2017-11-08T21:08:47","slug":"christophe-perrin-entendre-la-metaphysique-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/c-scp.org\/fr\/2015\/01\/27\/christophe-perrin-entendre-la-metaphysique-2","title":{"rendered":"Christophe Perrin, Entendre la m\u00e9taphysique"},"content":{"rendered":"<p>[amazon_link asins=&rsquo;9042929820&prime; template=&rsquo;CSCP&rsquo; store=&rsquo;cs066b-20&prime; marketplace=&rsquo;CA&rsquo; link_id=&rsquo;ec446ce8-c4c8-11e7-a90e-6bf49728effc&rsquo;]<\/p>\n<p><strong>Christophe Perrin, <em>Entendre la m\u00e9taphysique. Les significations de la pens\u00e9e de Descartes dans l\u2019\u0153uvre de Heidegger<\/em>, pr\u00e9face de Jean-Luc Marion, Louvain\/Paris, Peeters, 2013, 561 p. ISBN: 978-90-429-2982-1.<\/strong><\/p>\n<p><em>Compte rendu de Sylvain Josset, \u00e9tudiant en philosophie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris-Sorbonne.<\/em><\/p>\n<p>Cet ouvrage de Christophe Perrin constitue son travail de th\u00e8se, men\u00e9 sous la direction du professeur Jean-Luc Marion. Comme l\u2019indique le titre, il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce qu\u2019il faut entendre par m\u00e9taphysique en confrontant deux auteurs qui semblent \u00e0 la fois appartenir et \u00e9chapper \u00e0 cette tradition de pens\u00e9e. Apr\u00e8s nous avoir offert, avec Fran\u00e7ois Jaran, <i>The Heidegger Concordance<\/i> (Bloomsbury, 2013, 3 tomes), outil dor\u00e9navant indispensable aux \u00e9tudes heidegg\u00e9riennes, Christophe Perrin nous pr\u00e9sente \u00e0 nouveau un instrument d\u2019une grande richesse et d\u2019une importante densit\u00e9, n\u00e9cessaire tant aux \u00e9tudes heidegg\u00e9riennes qu\u2019\u00e0 celles cart\u00e9siennes. Cette \u0153uvre expose de fa\u00e7on chronologique l\u2019ensemble de la pens\u00e9e heidegg\u00e9rienne \u00e0 travers sa compr\u00e9hension de la m\u00e9taphysique autant que de la m\u00e9taphysique id\u00e9ale, donc celle de Descartes. Elle poss\u00e8de l\u2019avantage d\u2019effectuer ce travail alors que, comme le signale Jean-Luc Marion, \u00ab\u00a0la <i>Gesamtausgabe<\/i>\u00a0va vers son ach\u00e8vement\u00a0\u00bb (p. 2). Ainsi, elle permet de montrer, par une \u00ab\u00a0exploration syst\u00e9matique [de l\u2019ensemble] des phases du <i>Denkweg<\/i>\u00a0\u00bb (p. 2) de Heidegger, l\u2019\u00e9volution de la lecture heidegg\u00e9rienne de Descartes, \u00e9volution intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution de sa compr\u00e9hension de la m\u00e9taphysique, donc \u00e0 l\u2019\u00e9volution de sa pens\u00e9e elle-m\u00eame. Il convient de souligner les nombreuses traductions in\u00e9dites de passages de la <i>Gesamtausgabe<\/i> propos\u00e9es par Christophe Perrin, qui ne sont pas encore traduits en fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019heure actuelle. On peut enfin mettre en avant la grande p\u00e9dagogie dont fait preuve Christophe Perrin en explicitant brillamment la pens\u00e9e de Heidegger, sans jamais trahir sa complexit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019auteur parvient avec ma\u00eetrise \u00e0 surmonter la difficult\u00e9 \u00e0 laquelle toute \u00e9tude consacr\u00e9e \u00e0 la lecture d\u2019un philosophe par un autre doit se confronter\u00a0: le risque de caricature, ou du moins la vulgarisation d\u2019une, voire des deux pens\u00e9es expos\u00e9es. Bien que l\u2019auteur cherche avant tout \u00e0 comprendre la pens\u00e9e de Heidegger, il ne sombre jamais dans la caricature de celle de Descartes. Son objet n\u2019est aucunement d\u2019\u00e9tudier les \u00e9ventuelles erreurs que Heidegger e\u00fbt pu faire au sujet de Descartes, ce qui ne serait pas utile \u00e0 son propos, et ill\u00e9gitime du fait que la lecture de Descartes par Heidegger est justement \u00e9volutive. Christophe Perrin \u00e9coute donc, au contraire, \u00ab\u00a0ce que Descartes peut nous dire de Heidegger\u00a0\u00bb (p. 29), sans jamais oublier \u00ab\u00a0ce que Heidegger sait nous dire de Descartes\u00a0\u00bb (p. 13). Il n\u2019h\u00e9site \u00e9galement pas \u00e0 pr\u00e9ciser la lecture de Heidegger sur certains points afin de l\u2019expliciter, notamment par un recours aux analyses de son \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb Jean-Luc Marion qui s\u2019est beaucoup servi de la lecture heidegg\u00e9rienne de Descartes afin de comprendre, voire de relire Descartes. Le quatri\u00e8me paragraphe \u00ab\u00a0Un simple redoublement\u00a0\u00bb du chapitre 2 en t\u00e9moigne. Dans ce paragraphe, l\u2019auteur n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 recourir \u00e0 de longues analyses de Jean-Luc Marion, ainsi qu\u2019\u00e0 certains de ses concepts, comme celui d\u2019 \u00ab onto-th\u00e9o-logie redoubl\u00e9e\u00a0\u00bb afin de d\u00e9crire l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0onto-th\u00e9o-\u00e9go-logie\u00a0\u00bb d\u00e9gag\u00e9e dans la seconde lecture heidegg\u00e9rienne de Descartes, m\u00eame si l\u2019auteur compl\u00e8te ces analyses en soulignant que, pour Heidegger, celle-ci s\u2019av\u00e8re plut\u00f4t constituer une \u00ab\u00a0onto-th\u00e9o-logie <i>simplement double<\/i>\u00a0\u00bb (p. 340).<\/p>\n<p>Ce que montre avant tout cet ouvrage est que \u00ab\u00a0la pens\u00e9e de Descartes est bel et bien de l\u2019\u0153uvre de Heidegger [\u2026]\u00a0: une, sinon la <i>clavis hermeneutica<\/i>\u00a0\u00bb (p. 499). En effet, elle poss\u00e8de la double sp\u00e9cificit\u00e9 de parcourir l\u2019ensemble du chemin de Heidegger et d\u2019en suivre, voire d\u2019en indiquer les \u00e9volutions. L\u2019auteur s\u2019attelle donc \u00e0 retracer l\u2019ensemble du chemin de pens\u00e9e de Heidegger, correspondant \u00e0 celui de Heidegger lecteur de Descartes.<\/p>\n<p>Dans un premier temps (1919-1927), Heidegger cherche \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9construire Descartes\u00a0\u00bb afin de \u00ab\u00a0refonder la m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb. Il en vient \u00e0 \u00e9tudier Descartes du fait qu\u2019il s\u2019agisse du penseur de l\u2019 \u00ab\u00a0<i>ego sum, ego existo<\/i>\u00a0\u00bb, et du fait qu\u2019il est le ma\u00eetre de son ma\u00eetre Husserl, auquel Heidegger s\u2019oppose d\u00e8s 1917. Heidegger traduit la formule de Descartes\u00a0de la fa\u00e7on suivante : \u00ab\u00a0<i>sum<\/i> = <i>ich bin<\/i> \u2013 <i>Existenz<\/i>\u00a0\u00bb (GA 60, 212). Le \u00ab\u00a0\u201cje pense\u201d brille par son absence\u00a0\u00bb (p. 57). Selon Heidegger, Descartes est alors l\u2019inventeur de la philosophie de la conscience qui se caract\u00e9rise par un \u00ab\u00a0n\u00e9ant d\u2019ontologie\u00a0\u00bb. Descartes ne parvient donc pas \u00e0 fonder la philosophie sur un sol nouveau du fait que ce \u00ab\u00a0qu\u2019il laisse ind\u00e9termin\u00e9 dans ce commencement \u201cradical\u201d, c\u2019est le mode d\u2019\u00eatre de la <i>res cogitans<\/i>, plus exactement le sens d\u2019\u00eatre du <i>sum<\/i>\u00a0\u00bb (p. 85). Heidegger fait finalement le m\u00eame reproche \u00e0 Husserl qui ne se pose ni la \u00ab\u00a0question de l\u2019\u00eatre de l\u2019homme\u00a0\u00bb, ni celle de l\u2019 \u00ab\u00a0\u00eatre intentionnel\u00a0\u00bb, ni donc celle de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0\u00eatre comme tel\u00a0\u00bb. D\u2019autre part, Descartes a le souci de la connaissance. Il entend donc garantir ontologiquement l\u2019\u00e9vidence du \u00ab\u00a0<i>cogito sum<\/i>\u00a0\u00bb en passant par le faux. L\u2019erreur est li\u00e9e \u00e0 la finitude de mon \u00eatre. Or, \u00ab\u00a0Dieu \u00e9tant v\u00e9race, la fausset\u00e9 ne peut proc\u00e9der que de la <i>res cogitans<\/i> dont les \u201cdeux d\u00e9terminations fondamentales de l\u2019esse sont <i>perceptum esse<\/i> et <i>creatum esse a Deo<\/i>\u201d\u00a0\u00bb (p. 106). C\u2019est donc consid\u00e9rer l\u2019<i>ego<\/i> comme <i>ens creatum<\/i> qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un autre \u00e9tant, le <i>summum ens<\/i>. Il y a alors un triomphe de la <i>causa<\/i> sur la <i>cogitatio<\/i>. Descartes importe l\u00e0 une conceptualit\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e de la scolastique. L\u2019\u00eatre correspond \u00e0 la substantialit\u00e9, et les \u00e9tants, tant Dieu que la <i>res cogitans<\/i> et la <i>res extensa<\/i>, \u00e0 des substances. La pens\u00e9e de Descartes est ainsi oublieuse de l\u2019\u00eatre en ce qu\u2019elle refuse d\u2019aborder la question de l\u2019<i>analogia entis<\/i>. Descartes plaque sur le monde une conception de l\u2019\u00eatre pr\u00e9\u00e9tablie et non-interrog\u00e9e. Il va alors s\u2019agir de penser le <i>Dasein<\/i> \u2013 bien qu\u2019ayant des points communs avec lui \u2013 d\u2019abord contre l\u2019<i>ego cogito<\/i>.<\/p>\n<p>Dans un second temps (1927-1936), il s\u2019agit pour Heidegger de \u00ab\u00a0situer Descartes\u00a0\u00bb et donc de \u00ab\u00a0(d)\u00e9crire la m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb. Heidegger cherche \u00e0 \u00e9crire une m\u00e9taphysique sous l\u2019\u00e9gide de Kant et de l\u2019id\u00e9alisme allemand. Avant Descartes, avec Aristote par exemple, l\u2019<i>hypokeimenon<\/i> d\u00e9signait tout \u00e9tant. Avec Descartes \u00e9merge la compr\u00e9hension de l\u2019homme comme sujet. L\u2019<i>ego<\/i> r\u00e9clame pour lui seul le titre de <i>subjectum<\/i>. Les autres \u00e9tants sont alors vis\u00e9s comme <i>objecta<\/i>. Mais en d\u00e9pit de l\u2019accent mis sur l\u2019<i>ego<\/i>, on retrouve la critique de <i>Sein und Zeit<\/i> de Descartes\u00a0: la compr\u00e9hension de l\u2019\u00eatre de Descartes demeure celle de la scolastique, donc celle antique. De m\u00eame, Kant ne fait que relayer l\u2019ontologie antique en permettant, par et plus que Descartes, une absolutisation de la subjectivit\u00e9 moderne. Ainsi, en 1931, Heidegger renonce \u00e0 la m\u00e9taphysique car \u00ab\u00a0\u00eatre m\u00e9taphysicien [\u2026] semble impliquer d\u2019\u00eatre cart\u00e9sien\u00a0\u00bb (p. 279). Cependant, il y a bien une \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb de Descartes. Elle est li\u00e9e au fait que sa \u00ab\u00a0m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb pr\u00e9sente un caract\u00e8re math\u00e9matique avec le triomphe de la <i>ratio<\/i>, et non un \u00ab\u00a0n\u00e9ant d\u2019ontologie\u00a0\u00bb. En effet, le projet math\u00e9matique porte sur la chos\u00e9it\u00e9 des choses. Le vrai devient l\u2019objectif. La \u00ab\u00a0m\u00e9taphysique moderne\u00a0\u00bb ne reproduit donc plus tant l\u2019ontologie scolastique que la pens\u00e9e math\u00e9matique ambiante. S\u2019il y a bien un oubli de la question de l\u2019\u00eatre chez Descartes, c\u2019est du fait de l\u2019introduction de cette ontologie moderne, et non plus du fait de la conservation de l\u2019ontologie scolastique. Ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Ce qui est est ce qui est vrai [\u2026] \u2013 l\u2019\u00eatre est le savoir de ce qui est vrai\u00a0\u00bb (p. 304). Avec le passage de la chose \u00e0 l\u2019objet (pour un sujet), l\u2019<i>ego<\/i> devient <i>fundamentum<\/i>, tout en restant soumis \u00e0 Dieu comme <i>substantia creata<\/i>. Il y a donc deux \u00e9tants excellents, donc deux paroles distinctes sur l\u2019\u00eatre de l\u2019\u00e9tant\u00a0: <i>cogitatio<\/i> et <i>causa<\/i>. Mais il n\u2019y a pas de double fondement, donc de \u00ab\u00a0double onto-th\u00e9o-logie\u00a0\u00bb, mais plut\u00f4t un simple redoublement du fondement, donc une \u00ab\u00a0onto-th\u00e9o-logie <i>simplement double<\/i>\u00a0\u00bb (p. 340), en ce que la <i>causa<\/i> prend le pas sur la <i>cogitatio<\/i>, donc Dieu sur l\u2019<i>ego<\/i>, mais ces deux positions sur l\u2019<i>esse in quantum ens<\/i> sont en continuit\u00e9, et non en opposition.<\/p>\n<p>Dans un dernier temps (1936-1962), Heidegger doit \u00ab\u00a0reconstruire Descartes\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0d\u00e9passer la m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb. Avec Descartes, ce qui est pr\u00f4n\u00e9 est la v\u00e9rit\u00e9 comme certitude absolue. Or, avant de s\u2019interroger sur l\u2019\u00eatre de l\u2019\u00e9tant, Descartes doit assurer l\u2019\u00eatre d\u2019au moins un \u00e9tant. Heidegger prend donc le contrepied de sa premi\u00e8re lecture de Descartes. Il en termine avec le \u00ab\u00a0n\u00e9ant d\u2019ontologie\u00a0\u00bb. Il y a bien chez Descartes une m\u00e9taphysique in\u00e9dite. La question de la v\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9c\u00e8de celle de l\u2019\u00e9tantit\u00e9. Descartes fonde la v\u00e9rit\u00e9 par ses propres moyens humains. Son innovation d\u00e9cisive est donc l\u2019invention de l\u2019<i>ego<\/i> comme \u00ab\u00a0<i>subjectum<\/i> insigne\u00a0\u00bb certain\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tant le plus \u00e9minent est d\u00e9sormais le \u201c<i>creatum<\/i> du <i>creator<\/i>\u201d \u00bb (GA 65, p. 367). La certitude n\u2019est que dans la pens\u00e9e. Les choses ne sont que dans la <i>mens humana<\/i> comme <i>idea<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire comme repr\u00e9sentation. La chose n\u2019est plus que cet objet qui n\u2019est que par moi. Dieu lui-m\u00eame n\u2019y \u00e9chappe pas. Ce qu\u2019inaugure Descartes est bien le \u00ab\u00a0subjectivisme\u00a0\u00bb. La v\u00e9rit\u00e9 est dor\u00e9navant pens\u00e9e comme \u00ab\u00a0certitude de la repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb et, de fait, l\u2019\u00e9tant est d\u00e9termin\u00e9 comme \u00ab\u00a0objectivit\u00e9 de la repr\u00e9sentation\u00a0\u00bb. L\u2019homme devient donc \u00ab\u00a0la mesure de ce qui est et qui transfigure l\u2019\u00e9tantit\u00e9 en se la figurant comme repr\u00e9sent\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb (p. 391). L\u2019\u00eatre de l\u2019\u00e9tant est d\u00e9termin\u00e9 comme le fait d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9. La m\u00e9taphysique ne pense que cet \u00e9tant dans son \u00eatre, et non la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00eatre. C\u2019est pourquoi elle conduit au nihilisme, \u00e0 l\u2019humanisme et \u00e0 la technique. Or, ce n\u2019est qu\u2019en ressaisissant ce mouvement inaugur\u00e9 par Descartes que Heidegger peut chercher \u00e0 d\u00e9passer la m\u00e9taphysique en parvenant \u00e0 penser la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00eatre en pensant la diff\u00e9rence ontologique entre l\u2019\u00e9tant et l\u2019\u00eatre. L\u2019\u00eatre n\u2019appara\u00eet que dans son retrait, dans son refus de se montrer, et comme passage. \u00ab\u00a0L\u2019\u00eatre s\u2019\u00e9vanouit dans son accomplissement\u00a0\u00bb (p. 485) qui n\u2019est autre que le processus qui fait venir en pr\u00e9sence l\u2019\u00e9tant. L\u2019\u00eatre n\u2019est donc pas un objet, il n\u2019est pas une permanence dans la pr\u00e9sence. C\u2019est la raison pour laquelle la m\u00e9taphysique ne peut qu\u2019\u00e9chouer \u00e0 le saisir. Ainsi, Descartes \u00ab\u00a0repr\u00e9sente tout ce contre quoi il faut lutter pour parvenir \u00e0 penser \u201cla merveille des merveilles\u201d [\u2026]\u00a0: \u201c<i>que<\/i> l\u2019\u00e9tant <i>est<\/i>\u201d \u00bb (p. 506).<\/p>\n<p>Cette riche \u00e9tude nous permet donc de saisir le chemin de pens\u00e9e parcouru par Heidegger et ses m\u00e9andres \u00e0 travers le prisme de sa lecture de Descartes. Elle nous pousse \u00e9galement \u00e0 esp\u00e9rer, comme Jean-Luc Marion, que Christophe Perrin se consacre \u00e0 l\u2019autre versant de ce travail\u00a0: \u00e9tudier ce que Heidegger \u00ab\u00a0peut nous faire d\u00e9couvrir de Descartes lui-m\u00eame\u00a0\u00bb (p. 5), voire m\u00eame ce que la ph\u00e9nom\u00e9nologie fran\u00e7aise pourrait nous en faire d\u00e9couvrir, comme Christophe Perrin semble le sugg\u00e9rer \u00e0 la fin de son ouvrage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[amazon_link asins=&rsquo;9042929820&prime; template=&rsquo;CSCP&rsquo; store=&rsquo;cs066b-20&prime; marketplace=&rsquo;CA&rsquo; link_id=&rsquo;ec446ce8-c4c8-11e7-a90e-6bf49728effc&rsquo;] Christophe Perrin, Entendre la m\u00e9taphysique. Les significations de la pens\u00e9e de Descartes dans l\u2019\u0153uvre de Heidegger, pr\u00e9face de Jean-Luc Marion, Louvain\/Paris, Peeters, 2013, 561 p. ISBN: 978-90-429-2982-1. 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