{"id":6399,"date":"2018-08-26T13:22:16","date_gmt":"2018-08-26T17:22:16","guid":{"rendered":"https:\/\/c-scp.org\/?p=6399"},"modified":"2018-08-26T14:05:08","modified_gmt":"2018-08-26T18:05:08","slug":"christian-sommer-mythologie-de-levenement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/c-scp.org\/fr\/2018\/08\/26\/christian-sommer-mythologie-de-levenement","title":{"rendered":"Christian Sommer, Mythologie de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement"},"content":{"rendered":"<p>[amazon_link asins=&rsquo;2130654339&prime; template=&rsquo;CSCP&rsquo; store=&rsquo;cs066b-20&prime; marketplace=&rsquo;CA&rsquo; link_id=&rsquo;2f20ab5c-a953-11e8-88c5-6164699c1427&prime;]<strong>Christian Sommer,\u00a0<em>Mythologie de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Heidegger avec H\u00f6lderlin<\/em>, Paris, Presses universitaires de France, 2017, 232 p. ISBN:\u00a02130654339<\/strong><\/p>\n<p>Compte rendu de C\u00e9sar G\u00f3mez Algarra, Universit\u00e9 Laval\/Universit\u00e9 de Valence (Espagne)<\/p>\n<p>Dans son dernier ouvrage, Christian Sommer d\u00e9veloppe en profondeur l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une m\u00e9tapolitique chez Heidegger. Il s\u2019agit de mettre en question comment Heidegger, \u00e0 partir notamment des <em>Beitr\u00e4ge\u00a0<\/em><em>zur Philosophie <\/em>et des textes des ann\u00e9es 1936-1948, tels que les <em>Cahiers noirs\u00a0<\/em>et le cours sur les hymnes de H\u00f6lderlin (<em>GA<\/em>\u00a039), a d\u00e9velopp\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ses limites une pens\u00e9e de l\u2019<em>Ereignis\u00a0<\/em>qui surinvestit le tragique du sch\u00e8me conceptuel h\u00f6lderlinien\u00a0; \u00e0 pr\u00e9parer la fondation d\u2019une politique au-del\u00e0 du politique et cela, conjointement et ins\u00e9parablement de la figure du cr\u00e9ateur d\u2019\u00c9tat. L\u2019auteur tente alors de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve la particularit\u00e9 d\u2019un projet qui lie le mythe, entendu comme <em>Sage<\/em>, comme Dite, \u00e0 la volont\u00e9 du peuple allemand face \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0habilitation\u00a0\u00bb (<em>Erm\u00e4chtigung) <\/em>de l\u2019\u00catre dans l\u2019autre commencement. \u00c0 partir de cette perspective, Sommer s\u2019interroge sur la \u00ab\u00a0remythologisation\u00a0\u00bb comme r\u00e9actualisation de la diff\u00e9rence <em>logos<\/em>&#8211;<em>muthos<\/em>, dans un cadre qui d\u00e9passe largement les probl\u00e8mes th\u00e9ologico-politiques plus traditionnels. N\u00e9anmoins, en tant qu\u2019hypoth\u00e8se de travail, il souligne dans l\u2019introduction comment le \u00ab\u00a0th\u00e9ologico-politique\u00a0\u00bb aurait l\u2019avantage de nous permettre une meilleure appr\u00e9hension du sens propre du projet et du geste philosophique heidegg\u00e9riens, au-del\u00e0 toutefois du d\u00e9bat classique Schmitt-L\u00f6with-Blumenberg (p. 15). Soulignons d\u00e9j\u00e0 que l\u2019\u0153uvre de Sommer d\u00e9ploie dans toute sa rigueur d\u2019une part l\u2019exc\u00e8s de la lecture onto-historiale (<em>seynsgeschichtlich<\/em>) de H\u00f6lderlin et d\u2019autre part comment ce m\u00eame exc\u00e8s est encore plus remarquable dans les textes posthumes, illuminant en d\u00e9tail ce qui restait non-dit dans les cours exot\u00e9riques. La pens\u00e9e de Heidegger tente alors de se frayer une nouvelle voie concernant la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00catre, se tournant plus violemment contre la m\u00e9taphysique de l\u2019\u00e9tant, le monoth\u00e9isme chr\u00e9tien et <em>l\u2019imperium <\/em>rationnel de la technique mondiale. Cette tentative est ins\u00e9parable d\u2019un projet concernant de fa\u00e7on essentielle l\u2019histoire et l\u2019avenir du peuple allemand, en tant que r\u00e9actualisation de la gr\u00e9cit\u00e9 comme \u00ab\u00a0peuple m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0germano-hesp\u00e9rique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sommer commence par faire le point sur la compr\u00e9hension du probl\u00e8me du national et du <em>Volk<\/em>, de l\u2019identit\u00e9 et du \u00ab\u00a0qui\u00a0?\u00a0\u00bb du peuple dans les textes de l\u2019\u00e9poque. Sans tomber ni dans la critique facile ni dans la volont\u00e9 de d\u00e9fendre \u00a0Heidegger \u00e0 tout prix, il s\u2019efforce au contraire de d\u00e9gager les points essentiels des gestes et des positions politiques de sa pens\u00e9e. Tout au long de son ouvrage, il insiste sur la dimension onto-historiale de l\u2019engagement politique de Heidegger. Ce qui revient, comme il essaye de le d\u00e9montrer dans son premier chapitre, \u00ab\u00a0M\u00e9taphysique et m\u00e9tapolitique\u00a0\u00bb, \u00e0 voir comment la dimension \u00ab\u00a0nationel\u00a0\u00bb du national-socialisme aurait \u00e9t\u00e9 (m\u00e9)comprise par le philosophe de la For\u00eat-Noire. Il aurait ainsi poursuivi un effort aussi inlassable qu\u2019hyperbolique pour projeter dans le mouvement une v\u00e9rit\u00e9 \u00ab\u00a0spirituelle\u00a0\u00bb\u00a0: plus concr\u00e8tement, une sorte de \u00ab\u00a0catalyseur\u00a0\u00bb r\u00e9volutionnaire (pp. 63-64) amen\u00e9 \u00e0 produire un r\u00e8gne de l\u2019art (<em>Reich der Kunst<\/em>) propre au peuple de H\u00f6lderlin. Mais comment se d\u00e9ploie le lien d\u2019essence entre le peuple et l\u2019\u00c9tat, en tant que son \u00ab\u00a0\u00eatre historial\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Ce passage du peuple \u00e0 l\u2019\u00c9tat, ce devenir-\u00c9tat (<em>Staatwerdung<\/em>), n\u2019est envisageable qu\u2019en reprenant les possibilit\u00e9s inaccomplies de la m\u00e9taphysique, dans la transition vers l\u2019autre commencement (p. 38). L\u2019ancienne m\u00e9taphysique est alors conserv\u00e9e et d\u00e9pass\u00e9e, pens\u00e9e par un ressouvenir (<em>Andenken<\/em>) du premier commencement et conduite vers une transformation de l\u2019essence de la v\u00e9rit\u00e9 et du travail d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9e clairement dans le discours de rectorat. En outre, l\u2019\u00e9tablissement de cet \u00c9tat et le caract\u00e8re historial de ce peuple ne se r\u00e9v\u00e8le qu\u2019\u00e0 partir d\u2019une d\u00e9cision (<em>Entscheidung<\/em>) concernant les possibilit\u00e9s contenues dans le po\u00e8me de H\u00f6lderlin\u00a0: seulement lui indique le chemin vers une pens\u00e9e hors de la m\u00e9taphysique traditionnelle. Suivant ce po\u00e8me, nous sommes amen\u00e9s \u00e0 trouver des cat\u00e9gories qui vont au-del\u00e0 de l\u2019<em>ousia<\/em>, la <em>substantia<\/em>, l\u2019\u00e9tantit\u00e9, l\u2019objectivit\u00e9, l\u2019effectivit\u00e9. L\u2019ouvrage de Sommer est tr\u00e8s clair sur ce point et montre \u00e0 quel point la d\u00e9pendance h\u00f6lderlinienne des concepts mobilis\u00e9s dans le sillage des <em>Beitr\u00e4ge <\/em>s\u2019av\u00e8re ind\u00e9passable. La pens\u00e9e \u00ab\u00a0post-m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0m\u00e9ta-m\u00e9taphysique\u00a0\u00bb (p. 39) des modalit\u00e9s (possibilit\u00e9\/<em>M\u00f6glichkeit, <\/em>effectivit\u00e9<em>\/Wirklichkeit\u00a0<\/em>et r\u00e9alit\u00e9\/<em>Realit\u00e4t<\/em>) est con\u00e7ue surtout \u00e0 partir du\u00a0<em>Devenir dans le p\u00e9rir\u00a0<\/em>et des <em>Remarques,\u00a0<\/em>comme l\u2019interpr\u00e8te explicitement Sommer, surtout au chapitre II\u00a0; de m\u00eame que la r\u00e9\u00e9laboration de la nature sacr\u00e9e, du mouvement entre ab\u00eeme (<em>Abgrund)\u00a0<\/em>et chaos, dont le chapitre V consacre son plus long d\u00e9veloppement. Ces concepts proc\u00e8dent presque toujours d\u2019une lecture et d\u2019un remaniement violent, d\u2019une \u00ab\u00a0traduction\u00a0\u00bb terminologique (p. 23) par Heidegger des textes du po\u00e8te.<\/p>\n<p>Selon Sommer, c\u2019est \u00e0 partir de cette \u00ab\u00a0traduction\u00a0\u00bb terminologique\u00a0qu\u2019il faut penser la dimension politique. Pour mener \u00e0 bien le fondement du peuple, il est question aussi d\u2019une avant-garde (<em>Vorbau<\/em>) qui devrait pr\u00e9parer le terrain \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb. C\u2019est le probl\u00e8me d\u00e9cisif de la triade aristocratique, aux r\u00e9sonances nietzsch\u00e9ennes, conform\u00e9e par le po\u00e8te, le penseur et le fondateur d\u2019\u00c9tat dont, \u00e0 ce stade-ci, il est ais\u00e9 de les reconna\u00eetre avec un nom propre. Sommer souligne alors que cette triade n\u2019est autre que la \u00ab\u00a0noblesse ou l\u2019aristocratie de l\u2019\u00catre\u00a0\u00bb (<em>Adel des Seyns<\/em>), concept tout \u00e0 fait fondamental dans les <em>Beitr\u00e4ge<\/em>. Malgr\u00e9 les critiques aux notions vulgaires de\/du politique (que l\u2019auteur met en relief \u00e0 plusieurs moments), cette <em>Adel\u00a0<\/em>rel\u00e8ve bien le fonctionnement de la strat\u00e9gie m\u00e9tapolitique heidegg\u00e9rienne. Celle-ci passe par la m\u00e9diation des individus peu nombreux, \u00ab\u00a0cr\u00e9ateurs prom\u00e9th\u00e9ens\u00a0\u00bb (p. 50), comme \u00e9minemment n\u00e9cessaires pour parvenir \u00e0 l\u2019autre commencement, passage et d\u00e9clin vers l\u2019autre histoire. Histoire qui peut arriver et se rendre manifeste que gr\u00e2ce \u00e0 la triade aristocratique, en tant qu\u2019elle est amen\u00e9e \u00e0 fonder l\u2019\u00c9tat, comme espace-temps (<em>Zeit-Raum<\/em>) dans lequel se d\u00e9ploie la puissance \u00ab\u00a0royale\u00a0\u00bb du po\u00e8me h\u00f6lderlinien (p. 53), et non plus l\u2019\u00c9tat de la tradition moderne. Au contraire, il s\u2019agit ici d\u2019une reprise de la<em>polis <\/em>qui relie et d\u00e9passe le premier commencement par anamn\u00e8se, d\u00e9finissant ainsi l\u2019essence du peuple par rapport \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019\u00catre (p. 57).<\/p>\n<p>Au sein de ce projet th\u00e9ologico-politique, l\u2019autre commencement est alors pr\u00e9sent\u00e9 comme un mouvement particulier capable de d\u00e9sactiver la conceptualit\u00e9 de la tradition m\u00e9taphysique occidentale et d\u2019ouvrir un nouvel espace de v\u00e9rit\u00e9. Cette pens\u00e9e, comme nous le montre splendidement Sommer, exige d\u2019aller au-del\u00e0 de la <em>natura<\/em>latine et de la <em>physis<\/em>au sens grec, voire m\u00eame de l\u2019<em>aletheia<\/em>, pour instaurer la terre (<em>Erde<\/em>) \u00e0 partir de l\u2019ab\u00eeme (<em>Abgrund<\/em>). L\u2019ab\u00eeme se r\u00e9v\u00e8le alors comme fondement sans fondement n\u00e9cessaire pour la fondation du peuple m\u00e9taphysique\u00a0; non plus s\u2019\u00e9levant \u00e0 partir d\u2019une primaut\u00e9 de l\u2019\u00e9tant, mais d\u00e9passant l\u2019\u00eatre-devant-la-main (<em>Vorhandenheit<\/em>) dans l\u2019\u00catre chant\u00e9 par le po\u00e8te. Pour que la possibilit\u00e9 de ce peuple puisse se r\u00e9aliser, il est n\u00e9cessaire de faire l\u2019exp\u00e9rience de la d\u00e9mesure et de l\u2019<em>hybris\u00a0<\/em>de l\u2019\u00catre. Nous constatons ainsi l\u2019inversion de la dialectique \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb\u00a0: face \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de la sobri\u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e par les Grecs, l\u2019auteur nous montre la n\u00e9cessit\u00e9 de la fondation paradoxale du peuple au contact avec la puissance du \u00ab\u00a0feu\u00a0\u00bb de l\u2019\u00catre, jusqu\u2019\u00e0 des extr\u00eames funestement catastrophiques. Sp\u00e9cialement catastrophiques parce que Heidegger semble lier le \u00ab\u00a0libre usage du nationel\u00a0\u00bb h\u00f6lderlinien, th\u00e9oris\u00e9 dans sa <em>Lettre \u00e0 B\u00f6hlendorff<\/em>, au mouvement national-socialiste. Sommer montre comment, pour le philosophe, le mouvement pourrait \u00eatre en mesure d\u2019assurer l\u2019institutionnalisation dans un \u00c9tat de la mission allemande, mais seulement si ce mouvement est, d\u2019une certaine fa\u00e7on, au service de la t\u00e2che philosophique qui doit le diriger vers son but profond et ses possibilit\u00e9s occultes (p. 46 et ss.). Illusion de le r\u00e9former sur laquelle Heidegger exprimera sa d\u00e9ception, passant d\u2019un premier rejet sur son \u00ab\u00a0subjectivisme\u00a0\u00bb et son \u00ab\u00a0biologisme\u00a0\u00bb, pr\u00e9f\u00e9rant toujours des termes comme <em>Geschlecht <\/em>\u00e0 un autre vocabulaire plus marqu\u00e9 (<em>Stamm, Rasse<\/em>, etc.), \u00e0 une critique plus ouverte de la dimension \u00ab\u00a0rationnelle\u00a0\u00bb du socialisme comme insuffisamment r\u00e9volutionnaire face \u00e0 la machination (<em>Machenschaft<\/em>) de l\u2019\u00e9tant (p. 48, 64).<\/p>\n<p>L\u2019importance essentielle de H\u00f6lderlin dans cette tentative d\u2019une pens\u00e9e tragique de l\u2019\u00catre (ou de l\u2019\u00catre comme tragique) tient principalement, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, \u00e0 la fa\u00e7on dont il fait signe vers un d\u00e9passement de la m\u00e9taphysique. \u00c0 partir de certaines \u0153uvres et hymnes du \u00ab\u00a0po\u00e8te des Allemands\u00a0\u00bb, Sommer indique dans la section 4, \u00ab\u00a0La fable de l\u2019histoire\u00a0\u00bb, comment Heidegger, en reformulant le diff\u00e9rend entre <em>logos<\/em>&#8211;<em>muthos<\/em>, tente de retourner aux origines de la pens\u00e9e, dans une reprise parfois id\u00e9alis\u00e9e ou partialis\u00e9e de la Gr\u00e8ce qui, nonobstant, cherche aussi \u00e0 la d\u00e9passer (<em>aufheben<\/em>) en la rem\u00e9morant int\u00e9rieurement (<em>erinnern<\/em>) (p. 76). Non pas, de fa\u00e7on r\u00e9ductrice, par un retour du mythe comme irrationnel souvent pr\u00e9sent chez les philologues allemands, mais \u00e0 travers une sorte de \u00ab\u00a0d\u00e9construction\u00a0\u00bb. La puissance transformatrice du \u00ab\u00a0mythe\u00a0\u00bb h\u00f6lderlinien rel\u00e8ve plus pr\u00e9cis\u00e9ment de son caract\u00e8re \u00e9minemment \u00ab\u00a0po\u00ef\u00e9tique\u00a0\u00bb. Le po\u00e8te repr\u00e9senterait alors une nouvelle fa\u00e7on de penser la cr\u00e9ation et l\u2019imagination en transformant l\u2019id\u00e9e h\u00e9g\u00e9lienne d\u2019une \u00ab\u00a0mythologie de la <em>raison<\/em>\u00a0\u00bb, et en renouant avec le sens \u00ab\u00a0taut\u00e9gorique\u00a0\u00bb du mythe (Schelling). Sommer nous permet de comprendre comment, aux yeux de Heidegger, H\u00f6lderlin est le po\u00e8te du d\u00e9clin et de la transition. Il rem\u00e9more \u00e0 la fois l\u2019origine grecque et les mots originaires de la langue, tout en rendant sensible cette historicit\u00e9 qui ouvre la porte \u00e0 l\u2019instauration de l\u2019\u00catre et de son peuple\u00a0: au travail du philosophe et du fondateur d\u2019\u00c9tat. Le philosophe, attentif \u00e0 la parole silencieuse du po\u00e8te, est le seul apte \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ces indications destinales. C\u2019est parce que le po\u00e8me pr\u00e9figure et cr\u00e9e un monde nouveau, \u00e0 travers une langue qui d\u00e9passe celle de la logique m\u00e9taphysique et instaure une nouvelle effectivit\u00e9, qu\u2019il fait signe vers le rassemblement d\u2019un peuple et de sa t\u00e2che onto-historiale. Mais cette t\u00e2che n\u2019est pas pensable jusqu\u2019au bout sans l\u2019intervention du ou des dieux, plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019un dieu \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb ou plut\u00f4t diff\u00e9rent, qui se d\u00e9tourne de la tradition religieuse et th\u00e9ologique de la m\u00e9taphysique occidentale. Ce retournement, preuve de l\u2019\u00e9ternel d\u00e9bat heidegg\u00e9rien avec ses origines, est aussi et surtout la tentative la plus approfondie de penser l\u2019essence de la re-ligion (<em>R\u00fcck-bindung<\/em>) comme du divin qui lie un peuple ensemble. C\u2019est la liaison d\u2019une autre histoire et d\u2019un autre commencement, non plus celle qui surchargea Dieu avec des attributs m\u00e9taphysiques, mais une qui serait propre \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0inobjectivit\u00e9\u00a0\u00bb de l\u2019\u00catre (p. 91).<\/p>\n<p>Sommer consacre de nombreuses pages, mais plus particuli\u00e8rement le chapitre III et IV, \u00e0 expliciter la fonction de ce polymorphe \u00ab\u00a0dernier Dieu\u00a0\u00bb\u00a0; et non sans raison, puisque nous voyons appara\u00eetre en lui la majorit\u00e9 des concepts fondamentaux de la pens\u00e9e de l\u2019<em>Ereignis<\/em>. Avec et au-del\u00e0 de Nietzsche, Heidegger s\u2019est efforc\u00e9 de penser \u00ab\u00a0productivement\u00a0\u00bb la fuite des dieux de la Modernit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 des dieux nouveaux apr\u00e8s \u00ab\u00a0deux mill\u00e9naires\u00a0\u00bb. Ce dieu \u00e0 attendre, qui est justement un ou plusieurs, ind\u00e9termin\u00e9 dans la tournure post-m\u00e9taphysique vers l\u2019\u00e0-venir, semble par moments radicalement oppos\u00e9 au Dieu jud\u00e9o-chr\u00e9tien. La difficult\u00e9 \u00e0 le comprendre tient principalement \u00e0 ce statut au-del\u00e0 de l\u2019ontique et du <em>vorhanden<\/em>, en tant que Dieu non plus objectivable ni r\u00e9ductible \u00e0 la compr\u00e9hension m\u00e9taphysique de l\u2019\u00e9tant. Contre l\u2019hypostase de Dieu comme cause ultime, raison d\u2019\u00eatre et origine, ce Dieu ne donne pas l\u2019\u00eatre mais est d\u2019une certaine fa\u00e7on d\u00e9pendant de l\u2019\u00catre lui-m\u00eame. Le dernier dieu constitue ainsi la possibilit\u00e9 d\u2019une nouvelle religion du peuple o\u00f9 la divinit\u00e9 serait d\u00e9sormais non-objective ni repr\u00e9sentable. En outre, comme l\u2019ouvrage l\u2019indique de fa\u00e7on tr\u00e8s pertinente, il y aurait chez Heidegger une fa\u00e7on radicale de ne pas parler de dieu, de ne plus l\u2019infinitiser ou de l\u2019\u00e9lever \u00e0 cause-\u00e9tant supr\u00eame (p. 99). Il n\u2019est au final pas possible pour nous de capter le sens de ce dernier dieu, dieu du devenir, sans mettre en lumi\u00e8re les nouvelles cat\u00e9gories des modalit\u00e9s, mentionn\u00e9es auparavant, que Heidegger essaye de d\u00e9velopper dans les <em>Beitr\u00e4ge\u00a0<\/em>et les textes dans son sillage.<\/p>\n<p>Cela conduit non seulement \u00e0 reprendre l\u2019<em>energeia\u00a0<\/em>sp\u00e9ciale \u00e0 partir du <em>Devenir dans le p\u00e9rir <\/em>de H\u00f6lderlin, mais de faire le saut vers une nouvelle question de la temporalit\u00e9. Retournant \u00e0 la probl\u00e9matique divine, l\u2019auteur montre tr\u00e8s rigoureusement comment ce dieu est un dieu de la transition comprise comme d\u00e9cadence\u00a0; il est d\u00e9sormais \u00ab\u00a0situ\u00e9\u00a0\u00bb entre l\u2019\u00catre et le n\u00e9ant, apparaissant soudainement dans l\u2019instant (<em>Augenblick<\/em>). Possible r\u00e9\u00e9laboration du <em>kair\u00f3s <\/em>et de l\u2019influence aristot\u00e9licienne dans une pens\u00e9e de l\u2019<em>Ereignis<\/em>, le dieu arriverait \u00e0 l\u2019impr\u00e9vu tout en supposant \u00e0 la fois et paradoxalement un retour, entra\u00eenant une conception de la temporalit\u00e9 circulaire aux traits nietzsch\u00e9ens (p. 116). Non plus l\u2019\u00e9ternit\u00e9 du Dieu biblico-th\u00e9ologique, mais la finitude et l\u2019immanence au monde d\u2019un dieu en rapport avec l\u2019\u00catre, qui fonde le jeu de l\u2019espace-temps. Autrement dit, le nouveau dieu d\u00e9ploie son essence en se spatialisant et se temporalisant, d\u00e9ployant aussi par-l\u00e0 l\u2019Histoire du peuple.<\/p>\n<p>Ce dieu serait fini, temporellement cyclique, se mouvant toujours entre l\u2019appara\u00eetre et le dispara\u00eetre. Son arriv\u00e9e signalerait tout autant la fin que le commencement de la nouvelle histoire. Et notons aussi que sans la primaut\u00e9 du Non et du n\u00e9ant face \u00e0 la positivit\u00e9 du Oui, tout comme leur tension dans le devenir, ce dieu resterait impensable. Il appara\u00eet alors en rapport avec Dionysos, portant le masque prot\u00e9iforme qui lui est propre, et dont l\u2019influence de H\u00f6lderlin, de Nietzsche et de W. F. Otto sur ce point est tr\u00e8s pr\u00e9gnante. Symbolisant ou m\u00e9taphorisant ainsi l\u2019historicit\u00e9, le dernier dieu, toujours \u00e0 distance, se \u00ab\u00a0r\u00e9v\u00e9lerait\u00a0\u00bb pol\u00e9miquement au\u00a0<em>Da-sein<\/em>, \u00e0 celui qui est ouvert \u00e0 l\u2019\u00catre comme n\u00e9ant, sorte de renversement par cette voie de la divinit\u00e9 dans la compr\u00e9hension jud\u00e9o-chr\u00e9tienne. Il serait justement chant\u00e9 par la m\u00e9diation des hymnes du po\u00e8te, indiqu\u00e9 par ces signes, comme le dieu attendu du peuple germano-hesp\u00e9rique. Aux antipodes du Dieu d\u2019Abraham, le dieu requ\u00e9rant l\u2019\u00catre est indiqu\u00e9 aussi par la finitude du <em>Da-sein\u00a0<\/em>et de son sacrifice. Cette finitude sacrificielle du <em>Da-sein <\/em>et de l\u2019\u00catre, Sommer le souligne, est aussi reli\u00e9e avec les figures individuelles de la triade aristocratique que nous avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e. Avec le sacrifice face au n\u00e9ant de l\u2019\u00catre et son exp\u00e9rience, l\u2019imminence de la venue du dernier dieu doit \u00eatre provoqu\u00e9e pour permettre de relier la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 du peuple (p. 129). Le sacrifice des peu nombreux ouvre ainsi le site de la d\u00e9cision, le <em>Da\u00a0<\/em>et la <em>polis<\/em>\u00a0: nouvelle histoire et destin du peuple m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p>Cependant, comme en rend compte le dernier chapitre, \u00ab\u00a0<em>Terra Mater\u00a0\u00bb<\/em>, le passage du dernier dieu n\u2019\u00e9puise pas le sens m\u00e9tapolitique de la pens\u00e9e de l\u2019<em>Ereignis<\/em>. Celle-ci doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par l\u2019exp\u00e9rience d\u2019ouverture \u00e0 l\u2019ab\u00eeme du <em>Da-sein\u00a0<\/em>; exp\u00e9rience impossible pour les dieux et pour laquelle ils ont besoin des mortels. Le sacrifice des cr\u00e9ateurs, en tant qu\u2019interm\u00e9diaires (p. 140), nous permet alors d\u2019appr\u00e9hender la nature sacr\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 th\u00e9oris\u00e9e par la po\u00e9sie de H\u00f6lderlin. La terre (<em>Erde<\/em>), qui fonctionnerait dans l\u2019autre commencement en tant que concept non-m\u00e9taphysique de la nature, est pourtant ins\u00e9parable du chaos. Le philosophe de Todtnauberg r\u00e9\u00e9labore ainsi la pens\u00e9e d\u00e9velopp\u00e9e par H\u00f6lderlin sur la nature cr\u00e9atrice et po\u00ef\u00e9tique\u00a0: son caract\u00e8re sacr\u00e9 et la nature qui engendre tout en laissant quelque chose de voil\u00e9. En ce sens, la reprise heidegg\u00e9rienne de l\u2019impens\u00e9 qu\u2019a \u00e9t\u00e9 le \u00ab\u00a0chaos\u00a0\u00bb dans la tradition revient \u00e0 insister, suivant H\u00e9raclite, sur son caract\u00e8re d\u2019ouverture b\u00e9ante, et non simplement comprise comme \u00ab\u00a0vide\u00a0\u00bb. Le chaos fait signe non vers la confusion mais plut\u00f4t vers ce pouvoir conflictuel qui reprend le <em>p\u00f3lemos\u00a0<\/em>et l\u2019intimit\u00e9 (<em>Innigkeit<\/em>) h\u00f6lderlinienne en tant qu\u2019harmonie des contraires (p. 157). Ainsi, le \u00ab\u00a0chaos de la terre\u00a0\u00bb suppose la fondation dans l\u2019<em>Abgrund\u00a0<\/em>: fonder dans l\u2019absence (de principe, origine et de cause) le lieu d\u2019un \u00ab\u00a0monde \u00e0 venir\u00a0\u00bb, afin de rendre la terre habitable au peuple (p. 147). C\u2019est seulement ainsi que sera d\u00e9ploy\u00e9e l\u2019essence impens\u00e9e de la <em>physis <\/em>grecque\u00a0dans le peuple : une nature sans raison qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-del\u00e0 de toute \u00e9tantit\u00e9, et m\u00eame de toute divinit\u00e9, pour inaugurer dans l\u2019Histoire un nouveau rapport avec l\u2019esprit et la technique (p. 154). Dans tous les cas, c\u2019est dans ce mouvement dionysiaque et h\u00e9raclit\u00e9en que Heidegger con\u00e7oit le peuple, ce dernier rendant habitable sa patrie, passant de <em>Heimat<\/em>\u00e0 <em>Vaterland<\/em>, par la \u00ab\u00a0m\u00e9diation\u00a0\u00bb de la terre, en s\u2019appropriant du paysage bien au-del\u00e0 du naturel ou du \u00ab\u00a0physique\u00a0\u00bb, dans l\u2019alliance tragique de l\u2019unit\u00e9 des oppos\u00e9s qui rassemblent dieux et hommes, le monde et la terre.<\/p>\n<p>Tout au long de l\u2019ouvrage, un fil critique, plus ou moins voil\u00e9 par moments, peut \u00eatre rep\u00e9r\u00e9\u00a0: il se r\u00e9v\u00e8le avec toute sa force dans sa conclusion, \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le dernier dieu\u00a0\u00bb. Sommer ne se borne pas tout simplement \u00e0 une explicitation du projet m\u00e9tapolitique avec un appareil de r\u00e9f\u00e9rences extr\u00eamement complet (qui risque de devenir un outil de rep\u00e9rage bibliographique ind\u00e9passable pour plonger dans les profondeurs du corpus plus r\u00e9cent). Le texte se veut aussi, de fa\u00e7on avou\u00e9e, l\u2019op\u00e9ration d\u2019un d\u00e9placement et d\u2019une possible interpr\u00e9tation en mesure de penser \u00ab\u00a0autrement\u00a0\u00bb la philosophie de Heidegger et ses apories dans les ann\u00e9es 36-48. Et cela dans la volont\u00e9 ferme de comprendre et de faire face \u00e0 la dimension d\u2019<em>hybris <\/em>ind\u00e9niable pr\u00e9sente dans la pens\u00e9e de l\u2019<em>Ereignis<\/em>. Nous pouvons l\u2019appr\u00e9cier dans l\u2019extr\u00eame difficult\u00e9 d\u2019envisager l\u2019autre commencement sans d\u00e9pendre de la tradition conceptuelle du premier commencement, et dans la clart\u00e9 avec laquelle l\u2019auteur cl\u00f4t son ouvrage. Ce serait le statut ambigu, par exemple, de la sig\u00e9tique face \u00e0 la tradition jud\u00e9o-chr\u00e9tienne d\u2019une multiplicit\u00e9 de noms, impossibles \u00e0 nommer, de Dieu. Mais aussi dans le probl\u00e9matique du surinvestissement r\u00e9volutionnaire de H\u00f6lderlin, et le paganisme complexe et pr\u00e9tendument non-chr\u00e9tien de Heidegger, reli\u00e9 au travail patient de la terre par le paysan.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ce sch\u00e8me complexe et difficile \u00e0 retracer, Sommer m\u00e8ne \u00e0 bien un travail d\u2019organisation immense qui nous permet d\u2019appr\u00e9cier la difficile constellation de l\u2019histoire de l\u2019\u00catre tout autant dans ses influences que dans ses ramifications et prolongements. Il nous aide \u00e0 comprendre \u00e0 la fois la grandeur et le danger de ce que f\u00fbt la tentative m\u00e9tapolitique de l\u2019histoire de l\u2019\u00catre (d\u00e9politis\u00e9e progressivement apr\u00e8s 1939) et son radical versant eschatologique, qui cherche l\u2019av\u00e8nement de l\u2019autre commencement \u00e0 tout prix\u00a0: m\u00eame \u00e0 travers le feu, la guerre et la destruction. L\u2019\u0153uvre de Sommer nous offre donc une analyse rigoureuse et f\u00e9conde de la p\u00e9riode qui va des ann\u00e9es 30 \u00e0 40. Bien que pr\u00e9sentant un acc\u00e8s difficile pour les lecteurs qui ne sont pas (du tout) familiers avec l\u2019\u0153uvre du \u00ab\u00a0second\u00a0\u00bb Heidegger, le livre fait preuve d\u2019un effort interpr\u00e9tatif remarquable par rapport \u00e0 la place que nous devons accorder \u00e0 l\u2019<em>Ereignis\u00a0<\/em>et \u00e0 l\u2019\u00catre dans le sch\u00e8me conceptuel, tragique, de ces textes denses et obscurs. Tout cela, sans complaisance ni aveuglement, dans un moment pol\u00e9mique pour les \u00e9tudes heidegg\u00e9riennes, est preuve suffisante du fait que <em>Mythologie de l\u2019\u00e9v\u00e9nement <\/em>nous indique une voie tr\u00e8s int\u00e9ressante, f\u00e9conde et utile pour des travaux futurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[amazon_link asins=&rsquo;2130654339&prime; template=&rsquo;CSCP&rsquo; store=&rsquo;cs066b-20&prime; marketplace=&rsquo;CA&rsquo; link_id=&rsquo;2f20ab5c-a953-11e8-88c5-6164699c1427&prime;]Christian Sommer,\u00a0Mythologie de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Heidegger avec H\u00f6lderlin, Paris, Presses universitaires de France, 2017, 232 p. ISBN:\u00a02130654339 Compte rendu de C\u00e9sar G\u00f3mez Algarra, Universit\u00e9 Laval\/Universit\u00e9 de Valence (Espagne) Dans son dernier ouvrage, Christian Sommer d\u00e9veloppe en profondeur l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une m\u00e9tapolitique chez Heidegger. 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