{"id":7008,"date":"2019-07-09T07:57:41","date_gmt":"2019-07-09T11:57:41","guid":{"rendered":"https:\/\/c-scp.org\/?p=7008"},"modified":"2019-07-09T07:57:41","modified_gmt":"2019-07-09T11:57:41","slug":"philip-knee-lexperience-de-la-perte-autour-du-moment-1800","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/c-scp.org\/fr\/2019\/07\/09\/philip-knee-lexperience-de-la-perte-autour-du-moment-1800","title":{"rendered":"Philip Knee, L\u2019Exp\u00e9rience de la perte autour du moment 1800"},"content":{"rendered":"<p><strong>Philip Knee, <em>L\u2019Exp\u00e9rience de la perte autour du <\/em>moment\u00a0<em>1800<\/em>, Oxford University Studies in the Enlightenment, Oxford, Voltaire Foundation, 2014, 304 p. ISBN:\u00a00729411435<\/strong><\/p>\n<p><em>Compte rendu de Emil Grigorov, C\u00e9gep Garneau<\/em><\/p>\n<p>L\u2019existence humaine porte le fardeau de la temporalit\u00e9 historique: elle s\u2019inscrit \u00a0dans la continuit\u00e9 d\u2019un r\u00e9cit partag\u00e9 sur le pass\u00e9 et d\u2019une vision commune de l\u2019avenir. D\u2019une part, dans la mesure o\u00f9 ce r\u00e9cit et cette vision nous attachent \u00e0 la m\u00e9moire et aux aspirations d\u2019une communaut\u00e9, ils posent certaines limites \u00e0 la libert\u00e9 individuelle. D\u2019autre part, ils sont l\u00e0 pour nous procurer des rep\u00e8res existentiels, moraux et politiques importants. Or, l\u2019appropriation individuelle de ceux-ci et, par-l\u00e0, la r\u00e9cup\u00e9ration de notre autonomie morale au sein de la communaut\u00e9 dont nous faisons partie, demande un effort intellectuel continu, celui de comprendre et d\u2019assumer notre dette envers le pass\u00e9 et notre responsabilit\u00e9 envers l\u2019avenir. Telle est la conclusion g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 laquelle on aboutit apr\u00e8s avoir termin\u00e9 la lecture du livre de Philip Knee <em>L\u2019exp\u00e9rience de la perte autour du <\/em>moment\u00a0<em>1800<\/em>.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un ouvrage d\u2019histoire des id\u00e9es morales et politiques explorant le rapport du sujet moderne au temps historique. Ce rapport est envisag\u00e9 \u00e0 travers une exp\u00e9rience constitutive par rapport \u00e0 l\u2019esprit de la modernit\u00e9 tardive en France, \u00e0 savoir celle de la perte de rep\u00e8res existentiels, moraux et politiques provoqu\u00e9e par le d\u00e9clin de l\u2019autorit\u00e9 religieuse. Selon Philip Knee, cette exp\u00e9rience est devenue particuli\u00e8rement intense au tournant du 19<sup>e<\/sup>si\u00e8cle\u00a0\u00ab\u00a0chez une poign\u00e9e d\u2019\u00e9crivains attentifs au destin de l\u2019h\u00e9ritage religieux qui les habite (p. 15)\u00a0\u00bb, notamment Jouffroy, Maistre, Bonald, Hugo, Lamennais, Chateaubriand et Tocqueville. On peut consid\u00e9rer leurs \u00e9crits comme repr\u00e9sentatifs de l\u2019esprit de l\u2019\u00e9poque parce qu\u2019on y saisit la tension, mais aussi l\u2019articulation, entre les deux sources intellectuelles et morales de la modernit\u00e9 fran\u00e7aise, soit le christianisme et la philosophie des Lumi\u00e8res, celui-l\u00e0 \u00e9tant la source du souci de conservation et de transmission de l\u2019h\u00e9ritage culturel, celle-ci la source du d\u00e9sir d\u2019innovation et de progr\u00e8s. L\u2019\u00e9tude minutieuse de la complexit\u00e9 du rapport entre ces deux sources am\u00e8ne Philip Knee \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se \u00ab\u00a0que l\u2019invention du futur exige de d\u00e9finir un rapport au pass\u00e9 qui r\u00e8gle la passion d\u00e9mocratique du neuf, et que cela suppose de se mettre en qu\u00eate d\u2019un traditionalisme qui soit \u00e0 sa hauteur\u00a0; que c\u2019est en donnant naissance \u00e0 une <em>culture de la perte\u00a0<\/em>\u2013 devenue une constante de notre conscience historique depuis deux si\u00e8cles \u2013 que la d\u00e9mocratie s\u2019efforce de se rapporter \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage qui la fait vivre, alors que le triomphalisme des Lumi\u00e8res ou l\u2019euphorie innovante d\u2019aujourd\u2019hui y sont aveugles (p. 15)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019exploration de cette hypoth\u00e8se est effectu\u00e9e en cinq \u00e9tapes, d\u2019o\u00f9 la division de l\u2019ouvrage\u00a0en cinq chapitres. Dans le premier, l\u2019auteur revisite Montaigne, Descartes, Pascal et Rousseau afin de voir comment se pose chez eux la question de la valeur du dogme et du doute, de la conservation et de l\u2019innovation, de la tradition et du progr\u00e8s. Avec ces grands classiques de la pens\u00e9e fran\u00e7aise, on est, pour ainsi dire, dans l\u2019antichambre de l\u2019exp\u00e9rience de la perte. Irr\u00e9vocablement modernes de par leur style de penser et d\u2019\u00e9crire, ils n\u2019en sont pas moins prudents lorsqu\u2019il est question d\u2019introduire un quelconque changement\u00a0: leur curiosit\u00e9 s\u2019entrelace avec leur attachement \u00e0 la tradition, leur sens critique avec leur bon sens. Jaloux de leur libert\u00e9 intellectuelle, ils sont parfaitement conscients que l\u2019exercice de celle-ci n\u2019est possible que par rapport \u00e0 ce qui rel\u00e8ve de l\u2019h\u00e9ritage culturel. Selon l\u2019auteur, \u00ab\u00a0un tel exercice n\u2019a en effet aucun sens s\u2019il ne commence par porter, notamment, par le doute, sur ce qui est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0\u00a0; la raison y trouve la mati\u00e8re sans laquelle sa recherche ne serait qu\u2019une abstraction (p. 34)\u00a0\u00bb. Cette ambig\u00fcit\u00e9 du rapport au pass\u00e9 chez Montaigne, Descartes, Pascal et Rousseau explique, dans une large mesure, le fait qu\u2019aucun d\u2019entre eux n\u2019a sacrifi\u00e9 son sentiment religieux \u00e0 l\u2019autel du scepticisme, et qu\u2019\u00e0 travers leurs \u00e9crits se manifeste un certain respect \u00e0 l\u2019\u00e9gard de croyances et de coutumes profond\u00e9ment ancr\u00e9es dans l\u2019h\u00e9ritage chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me chapitre traite de l\u2019appropriation de cet h\u00e9ritage par la philosophie des Lumi\u00e8res, ainsi que de la fa\u00e7on dont il inspire la critique de celle-ci au lendemain de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, et apporte sa pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019\u00e9difice du romantisme fran\u00e7ais. Ici, le cadre r\u00e9f\u00e9rentiel de l\u2019analyse de l\u2019exp\u00e9rience de la perte s\u2019\u00e9tend de Voltaire et Rousseau \u00e0 Burke, Jouffroy, Tocqueville, Chateaubriand, Musset et Vigny. Pour Philip Knee, \u00ab\u00a0la vie issue des Lumi\u00e8res ne semble pas offrir de quoi poursuivre le projet des Lumi\u00e8res\u00a0; leur h\u00e9ritage se manifeste simultan\u00e9ment par un d\u00e9sir d\u2019\u00e9l\u00e9vation et un retour r\u00e9flexif, par le constat d\u2019un manque et l\u2019anticipation d\u2019un \u00e9chec. Le sentiment d\u2019abord exaltant que les hommes sont ma\u00eetres, ou qu\u2019ils peuvent se rendre ma\u00eetres, de la r\u00e9alisation dans l\u2019histoire des valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de libert\u00e9 est ainsi v\u00e9cue dans l\u2019inqui\u00e9tude (p. 69)\u00a0\u00bb. Chez les romantiques, cette inqui\u00e9tude fut sublim\u00e9e dans une esth\u00e9tique de la m\u00e9lancolie nourrie d\u2019un profond d\u00e9sir d\u2019absolu, religieux \u00e0 son origine.<\/p>\n<p>Dans le troisi\u00e8me chapitre, l\u2019auteur se focalise sur la r\u00e9sistance de Maistre et Bonald contre l\u2019anthropologie philosophique des Lumi\u00e8res, celle-ci v\u00e9hiculant une vision s\u00e9culaire de l\u2019histoire et, respectivement, de l\u2019origine des institutions politiques. Avec ces deux illustres repr\u00e9sentants du conservatisme catholique fran\u00e7ais, on entre dans le vif du sujet. Pol\u00e9mistes acharn\u00e9s, ils reprochent aux penseurs des Lumi\u00e8res d\u2019avoir discr\u00e9dit\u00e9 l\u2019h\u00e9ritage spirituel du peuple fran\u00e7ais en substituant l\u2019autorit\u00e9 de la raison humaine \u00e0 celle de la religion catholique. Leur strat\u00e9gie de r\u00e9sistance consiste \u00e0 d\u00e9montrer que, loin de correspondre \u00e0 la vraie nature des choses, l\u2019humanisme des Lumi\u00e8res repose sur l\u2019illusion que les humains peuvent se passer de la providence dans leurs tentatives de se donner des lois justes et des institutions politiques solides. Autrement dit, ils s\u2019efforcent de \u00ab\u00a0d\u00e9senchanter le faux enchantement produit par le dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle\u00a0; de d\u00e9gonfler la confiance avec laquelle on s\u2019est mis \u00e0 d\u00e9voiler et \u00e0 d\u00e9mystifier les autorit\u00e9s traditionnelles (p. 111-112)\u00a0\u00bb. Il est question d\u2019un effort en quelque sorte paradoxal, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il vise \u00e0 justifier rationnellement la n\u00e9cessit\u00e9 de se m\u00e9fier des ambitions de la raison humaine afin de maintenir le myst\u00e8re de l\u2019origine de l\u2019ordre moral et politique. En ce sens, on peut dire que Maistre, Bonald et les conservateurs en g\u00e9n\u00e9ral ont mis l\u2019arsenal intellectuel des Lumi\u00e8res au service des anti-Lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement avec la tendance d\u2019envisager le rapport entre l\u2019esprit du christianisme et l\u2019esprit des Lumi\u00e8res en termes d\u2019opposition radicale et de rupture, on en observe une autre dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise du d\u00e9but du 19<sup>e<\/sup>si\u00e8cle, \u00e0 savoir celle qui accentue la continuit\u00e9 entre eux. Elle est analys\u00e9e dans le quatri\u00e8me chapitre du livre. Chez Chateaubriand et Germaine de Sta\u00ebl, Dumas et Hugo, Michelet et Lamennais, on voit s\u2019exprimer la prise de conscience de l\u2019interf\u00e9rence de l\u2019humanisme chr\u00e9tien et de l\u2019id\u00e9e du progr\u00e8s moral du genre humain forg\u00e9e par la philosophie des Lumi\u00e8res. Fondatrice par rapport aux revendications politiques de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, cette id\u00e9e rejoint le message chr\u00e9tien originel dont on ne saurait \u00e9valuer la port\u00e9e historique et politique que par r\u00e9f\u00e9rence au concept de r\u00e9volution morale. Quelles que soient les diff\u00e9rences de fond entre les \u00c9vangiles et le discours philosophique du 18<sup>e<\/sup>si\u00e8cle, \u00ab\u00a0les valeurs d\u2019humanit\u00e9 et d\u2019\u00e9galit\u00e9, dont les Lumi\u00e8res font leur \u00e9tendard quand elles critiquent l\u2019Ancien R\u00e9gime et quand elles d\u00e9noncent le soutien que lui apporte le catholicisme en France, ont leur racine dans cette r\u00e9volution (p. 159)\u00a0\u00bb. \u00c0 cet \u00e9gard, les Lumi\u00e8res et la R\u00e9volution peuvent \u00eatre d\u2019une part consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 la fois comme la r\u00e9alisation et le d\u00e9passement de la vision chr\u00e9tienne du sens de l\u2019histoire et, d\u2019autre part, la modernit\u00e9 fran\u00e7aise post-r\u00e9volutionnaire a beau avoir assimil\u00e9 \u00ab\u00a0le g\u00e9nie du christianisme\u00a0\u00bb, pour reprendre la formule de Chateaubriand, il n\u2019emp\u00eache que le sentiment de la perte de l\u2019h\u00e9ritage chr\u00e9tien ne cesse de s\u2019approfondir pendant les premi\u00e8res d\u00e9cennies du 19<sup>e<\/sup>si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Dans le dernier chapitre de son ouvrage, Philip Knee se penche sur une expression particuli\u00e8rement mature de ce sentiment, soit la pens\u00e9e politique de Tocqueville. Mue par une forte inqui\u00e9tude face \u00e0 l\u2019exc\u00e8s d\u2019individualisme dans la soci\u00e9t\u00e9 moderne, elle explore les contradictions et les p\u00e9rils inh\u00e9rents \u00e0 la d\u00e9mocratie. Loin de pourfendre celle-ci en aristocrate, Tocqueville l\u2019aborde en intellectuel pr\u00e9occup\u00e9 par son destin. La complexit\u00e9 de son approche consiste en un mouvement de va-et-vient entre l\u2019appr\u00e9ciation des principes et des valeurs d\u00e9mocratiques et la critique de leur mise en pratique. Fond\u00e9e sur le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 des conditions, la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique porte l\u2019empreinte de la passion \u00e9galitaire qui pousse le citoyen moyen \u00ab\u00a0\u00e0 consid\u00e9rer d\u2019un \u0153il m\u00e9content toute autorit\u00e9\u00a0\u00bb. L\u2019homme d\u00e9mocratique est enclin \u00e0 remettre en question les id\u00e9es, les croyances et les opinions lui venant de l\u2019ext\u00e9rieur. Cette attitude cart\u00e9sienne le rend intellectuellement ind\u00e9pendant par rapport \u00e0 toute tradition culturelle, \u00e0 tout h\u00e9ritage spirituel, et ce, m\u00eame s\u2019il vit en soci\u00e9t\u00e9, et vivre en soci\u00e9t\u00e9 signifie partager avec d\u2019autres individus un certain nombre de certitudes re\u00e7ues. Une soci\u00e9t\u00e9 compos\u00e9e de cart\u00e9siens parfaitement coh\u00e9rents n\u2019est m\u00eame pas envisageable; Descartes lui-m\u00eame n\u2019\u00e9tait pas cart\u00e9sien dans sa vie sociale. \u00ab\u00a0D\u2019o\u00f9 la pertinence, selon Philip Knee, d\u2019une des analyses c\u00e9l\u00e8bre de la <em>D\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/em>sur la force nouvelle de l\u2019opinion commune. Celle-ci appara\u00eet en effet comme l\u2019autorit\u00e9 qui est propre \u00e0 la conscience d\u00e9mocratique, une conscience qui est \u00e0 la fois jalouse de son ind\u00e9pendance et incapable d\u2019y faire face, \u00e0 la fois fi\u00e8re est faible. Avec l\u2019imp\u00e9ratif de l\u2019\u00e9galisation tout ce qui serait re\u00e7u d\u2019un esprit sup\u00e9rieur ou donn\u00e9 \u00e0 un esprit inf\u00e9rieur est objet de m\u00e9fiance; c\u2019est pourquoi l\u2019id\u00e9al de penser par soi-m\u00eame peut aboutir paradoxalement \u00e0 n\u2019admettre que ce qui est port\u00e9 par l\u2019opinion de tous les semblables, et donc \u00e0 ne plus penser (p. 239)\u00a0\u00bb. Or, cette nouvelle autorit\u00e9 n\u2019est pas sans rapport avec l\u2019h\u00e9ritage chr\u00e9tien\u00a0: elle garantit en quelque sorte la communion des \u00e2mes modernes en se passant de r\u00e9f\u00e9rences et d\u2019institutions explicitement religieuses. En poussant encore plus loin la r\u00e9flexion sur cette probl\u00e9matique, Marcel Gauchet, dont la pens\u00e9e est une source d\u2019inspiration constante et une r\u00e9f\u00e9rence majeure pour Philip Knee, arrive \u00e0 la conclusion que la d\u00e9mocratie moderne est l\u2019aboutissement d\u2019un long processus historique de sortie de la religion dont le christianisme est l\u2019une des manifestations. En effa\u00e7ant la nette s\u00e9paration entre la transcendance de la Loi divine et l\u2019immanence de l\u2019ordre moral et politique dans le monde humain, cette religion a \u0153uvr\u00e9, durant des si\u00e8cles, en faveur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 int\u00e9grant \u00ab\u00a0en son sein une alt\u00e9rit\u00e9 r\u00e9gulatrice, qu\u2019il arrive \u00e0 Gauchet d\u2019appeler un <em>inconscient d\u00e9mocratique<\/em>, mais qui est distincte de l\u2019absolu religieux (p. 257)\u00a0\u00bb. Loin d\u2019uniformiser les opinions et de neutraliser les conflits et les divisions, cette alt\u00e9rit\u00e9 est le principe m\u00eame de leur reproduction, mais aussi de leur gestion.<\/p>\n<p>En ce sens, le d\u00e9veloppement d\u2019une culture de la perte au sein de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale est indispensable \u00e0 la gestion du conflit, structurant par rapport \u00e0 ce type de d\u00e9mocratie, entre le souci de conservation de l\u2019h\u00e9ritage culturel et l\u2019aspiration au progr\u00e8s social. C\u2019est ce que laissent entendre, en fin de compte, les analyses de Philip Knee dans <em>L\u2019Exp\u00e9rience de la perte autour du moment<\/em>1800.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philip Knee, L\u2019Exp\u00e9rience de la perte autour du moment\u00a01800, Oxford University Studies in the Enlightenment, Oxford, Voltaire Foundation, 2014, 304 p. 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